lecture du mercredi

divagations littéraires

14 avril 2021 — choix de textes tirés de différents ouvrages de Philippe Jaccottet
Jaccottet écrit des vers et de courtes proses par lesquelles il s’attache à retrouver un rapport à la nature et au monde. À la recherche de la parole la plus juste possible, il tente de préserver l’émotion face aux choses vues, en travaillant à la fois sur le perçu et le ressenti ; c’est ce qui explique que sa poésie soit empreinte à la fois de simplicité et de mystère. Le poème en reste au « presque », se tient sur le seuil, sur le point de nous faire accéder à la joie éprouvée face à la beauté de la nature. Outre les poèmes et les essais, l’œuvre de Jaccottet se compose aussi de carnets de notes, qui constituent pour lui une forme alternative de la poésie. Le tout est marqué par une modestie et une retenue, qu’il résume lui-même par la formule « L’effacement soit ma façon de resplendir ».

> Suite de lundi 12 avril 2021
7 avril 2021 — Lecture de Gloria Vinyl de Rose-Marie Pagnard
Porter en soi une amnésie comme une petite bombe meurtrière, avoir cinq frères dont un disparu, vivre chez une tante folle de romans : telle est la situation de Gloria, jeune photographe, quand elle tombe amoureuse d’Arthur, peintre hyperréaliste, et d’un Museum d’histoire naturelle abandonné. Dans une course contre le temps, Gloria et Arthur cherchent alors, chacun au moyen de son art, à capter ce qui peut l’être encore de ce monument avant sa démolition. Un défi à l’oubli, que partagent des personnages lumineux, tel le vieux taxidermiste qui confond les cheveux de Gloria et les queues de ses petits singes. Avec le sens du merveilleux et le vertige du premier amour, Gloria traverse comme en marchant sur l’eau cet été particulier.
éditions zoé

> Suite de lundi 5 avril 2021
31 mars 2021 — Lecture de Des chocolats pour le directeur de Sławomir Mrożek, traduit par Grażyna Erhard
Des chocolats pour le directeur est un petit cadeau à déguster. Un ensemble de micro-nouvelles où voisinent humour et satire, absurde et anxiété.
Le personnage principal du recueil, le Directeur, est entouré de ses indispensables (et modestes) collaborateurs : le Chef de service, le Comptable, le Magasinier, le Conseiller, sans oublier le Stagiaire, inévitable souffre-douleur. Tout ce petit monde est très occupé à régler des problèmes inexistants, à inventer des stratagèmes ineptes et à respecter l’autorité du chef. L’humour ravageur de Sławomir Mrożek n’épargne rien ni personne : l’individu livré à la bêtise, naviguant ferme dans un océan de faux-semblants et de lieux communs, affronte le milieu semé d’embûches de la Pologne du socialisme triomphant.
Ces perles humoristiques admirables de concision sont toujours d’actualité et feront les délices des lecteurs d’aujourd’hui.
éditions noir sur blanc

> Suite de lundi 29 mars 2021
Cycle S. Corinna Bille
17 février 2021 — Lecture de Le Masque géant de S. Corinna Bille, tiré du recueil Légendes et mystères des montagnes, illustré par Adrienne Barman

Ce livre comporte trois textes sur le Valais, canton natal et tant aimé de Corinna Bille. Le premier, Le Masque géant, prend racine dans la tradition de ces personnages masqués, les «Tschäggättä», qui font leur apparition entre la fête catholique de la Chandeleur et le mardi qui précède le Mercredi des Cendres. Dans la deuxième nouvelle, Le Mystère du Monstre, Corinna Bille revient sur la traque d’un des derniers loups du Valais, après-guerre. Enfin la troisième nouvelle, La Balade en traîneau, évoque un village au charme insolite prêt à retenir les voyageurs perdus pour toujours.
éditions La Joie de lire
Cycle S. Corinna Bille
24 février 2021 — Lecture de La Maison musique et Messieurs les livres de S. Corinna Bille, tirés du recueil Maisons, villes et chemins, illustrations Vamille

Le premier opus de cette nouvelle collection consacrée à un monument de la littérature suisse, S. Corinna Bille, s’intéresse aux maisons, villes et chemins. Neuf textes de l’auteure sont ici rassemblés. Certains très courts, et d’autres plus longs, mais tous ayant en commun cette précision dans l’écriture, cette poésie, ce style fluide et limpide, et cet amour de la nature et de l’enfance. Dans la toute première histoire, Messieurs les livres, une querelle entre livres dans la maison d’un écrivain. Les livres trop lourds qui ne sont jamais dérangés sont raillés par les livres lus et relus, qui demeurent au chevet de l’écrivain.
éditions La Joie de lire
Cycle S. Corinna Bille
3 mars 2021 — Lecture de La Sirène turque
 de S. Corinna Bille, tirés du recueil Les Rêves, illustrations Meryl Schmalz
Le rêve, la porte de l’imaginaire La frontière entre le monde des songes et la réalité n’est jamais aussi fine que dans Les Rêves, nouvel opus de la collection La petite bibliothèque de Corinna. Les sept nouvelles qui composent ce recueil mettent en scène des personnages que le sommeil emmène au Pays des Merveilles. 
éditions La Joie de lire
Cycle S. Corinna Bille
10 mars 2021 — Lecture de Les trois roses ainsi que Le coffret
de S. Corinna Bille, tirés du recueil Les Amours, illustrations Anna Sommer
Sous la plume de Corinna Bille, la tendresse se fait toujours un peu grinçante, comme pour mieux cerner les affres cruelles du sentiment amoureux. À travers quatre nouvelles où onirisme et réalité se côtoient dans une savoureuse harmonie, la grande figure féminine des lettres romandes explore les différentes formes que peut prendre l’amour. 
éditions La Joie de lire
Cycle S. Corinna Bille
17 mars 2021 — Lecture de La Statue du lapin de Pâques
de S. Corinna Bille, tirés du recueil Les Rêves, illustrations Meryl Schmalz
Le rêve, la porte de l’imaginaire La frontière entre le monde des songes et la réalité n’est jamais aussi fine que dans Les Rêves, nouvel opus de la collection La petite bibliothèque de Corinna. Les sept nouvelles qui composent ce recueil mettent en scène des personnages que le sommeil emmène au Pays des Merveilles. 
éditions La Joie de lire
Cycle S. Corinna Bille
22 mars 2021 — Lecture de Le Berger et la marmotte
 de S. Corinna Bille, tirés du recueil Les Métamorphoses amoureuses, illustrations Pierre Wazem
À qui appartient ce délicat parfum qui envoûte un prince au point qu’il suive cette fragrance jusque sur une île enchantée ? Malgré sa laideur extrême, une comédienne rencontra-t-elle quelqu’un pour voir plus loin que son apparence physique et l’aimer véritablement ? Une fée peut-elle rester mariée toute sa vie à un simple berger ? Par quel sort une souris tombe-t-elle amoureuse d’un chat ?Les quatre récits qui composent Les Métamorphoses amoureuses explorent l’amour, l’un des thèmes de prédilection de S. Corinna Bille. Mais, avec cette grande figure des lettres romandes, la magie n’est jamais bien loin. Et l’on peut lui faire confiance, ainsi qu’à son humour délicieusement grinçant, pour que la chute des nouvelles nous surprennent et nous sortent de notre zone de confort.  
éditions La Joie de lire
10 février 2021 — Lecture de Nuovi giorni di polvere/Nouveaux jours de poussière de Yari Bernasconi, traduction de Anita Rochedy
De l’Estonie ravagée à la longue liste des morts lors des travaux du tunnel du Gothard, de l’histoire d’un eugénisme caché en Suisse envers les gens du voyage à l’éruption du volcan Merape en Indonésie, ou des pérégrinations dans la lande irlandaise aux traversées de paysages italo-suisses, le témoin – le « tu » – révèle les indices de ces univers dévastés.
éditions d’en bas
Lecture de Rêves de rêves d’Antonio Tabucchi, traduction Bernard Comment — plusieurs épisodes
«Le désir m’a souvent gagné de connaître les rêves des artistes que j’ai aimés.»
En utilisant l’écriture comme messagère de l’impossible, Antonio Tabucchi se met à la place des écrivains ou peintres ou musiciens qu’il admire.
Chaque rêve est ainsi un hommage aux artistes évoqués, mais aussi une clé d’interprétation et une métaphore pour comprendre le signe du destin qu’il y a dans leur vie.
Éditions Folio Gallimard
1/4 – 20 janvier 2021 — Lecture de Rêves de rêves d’Antonio Tabucchi, traduction Bernard Comment

Episode 2/4, lundi 1er février 2021

3/4 – 3 février 2021 — Lecture de Rêves de rêves d’Antonio Tabucchi, traduction Bernard Comment

Episode 4/4, lundi 8 février 2021

Manifeste incertain 2 – Avec Nadja, André Breton, Walter Benjamin sous le ciel de Paris de Frédéric Pajak — plusieurs épisodes
Paris, 1926. Walter Benjamin s’éprend de la capitale, mais celle-ci ne le lui rend pas. Incompris, méconnu, il y crève de solitude, ce qui ne l’empêche pas d’entreprendre l’œuvre de sa vie. Cette même année, André Breton rencontre Nadja, qui devient son héroïne et l’entraîne dans une ville de hasard et de merveilleux. Pourtant, l’histoire finira mal. De son côté, chaque nuit, Ludwig Hohl déambule dans Paris, arrondissement par arrondissement. Son regard d’étranger croise celui de Léon-Paul Fargue, Parisien véritable, nostalgique et pétillant. Paris s’entrouvre, Paris suffoque, Paris s’éloigne. Entre ironie et mélancolie, ce deuxième volume du Manifeste incertain évoque les ombres de la ville, le temps de l’avant-guerre et celui d’aujourd’hui, dans une épopée littéraire que viennent disputer cent cinquante dessins.
Éditions Noir sur Blanc

Episode 1/2, lundi 25 janvier 2021

2/2 — 27 janvier 2021 — Manifeste incertain 2 – Avec Nadja, André Breton, Walter Benjamin sous le ciel de Paris de Frédéric Pajak
Manifeste incertain 5Van Gogh. Une biographie, de Frédéric Pajak — plusieurs épisodes
Errance existentielle, errance artistique, cette biographie écrite et dessinée met l’accent sur des épisodes peu connus ou mal interprétés de sa vie, notamment de son enfance. La légende de Van Gogh est ici examinée, en particulier son supposé suicide, revu à la lumière du témoignage tardif d’un meurtrier présumé.
Éditions Noir sur Blanc

Episode 1/4, lundi 4 janvier 2021

2/4 — 6 janvier 2021 — Manifeste incertain 5 – Van Gogh. Une biographiede Frédéric Pajak

Episode 3/4, lundi 11 janvier 2021

4/4 — 13 janvier 2021 — Manifeste incertain 5 – Van Gogh. Une biographiede Frédéric Pajak
Lecture de l’oeuvre de Anton Tchékhov — plusieurs épisodes.
La Pléiade
1/4 — 9 décembre 2020 — L’œuvre d’art d’Anton Tchekhov
Sacha Smirnov est chez le docteur Kochelkov pour le remercier de lui avoir sauvé la vie. Sa mère et lui étant démunis, ils lui offrent un magnifique bronze ancien en guise de paiement des consultations. Leur seul regret est de ne pas avoir trouvé le pendant…
2/4 — 16 décembre 2020 — Après le théâtre d’Anton Tchekhov
Nadia Zélénine, 16 ans, rentre du théâtre. Elle a vu avec sa mère une pièce romantique qui l’a fait rêver. Seule dans sa chambre, assise à son bureau, elle écrit une lettre à Gorny, un officier épris d’elle, pour le mettre à l’épreuve, puis une autre à l’étudiant Grouzdiov, lui aussi amoureux d’elle…
3/4 — 23 décembre 2020 — C’était elle ! d’Anton Tchekhov
Le colonel à la retraite Vyvertov raconte ses souvenirs de jeune aspirant à trois demoiselles. C’était en 1843, il était en garnison en Pologne à Częstochowa. Jeune officier tête brûlée et coureur de jupons, son poste d’aide de camp du colonel l’obligeait à se déplacer sans cesse dans le district.
4/4 — 30 décembre 2020 — L’Épouse d’Anton Tchekhov
Il est minuit. Le docteur attend Olga, sa femme, qui devrait rentrer au petit matin. En l’attendant, il fouille dans ses affaires et trouve un télégramme en anglais envoyé de Monte-Carlo par un certain Michel. 
Il est marié depuis sept années avec Olga et, à maintes reprises, il a eu les preuves de son infidélité…
Lecture de poèmes de Jean-Claude Pirotte tirés de Ajoie — plusieurs épisodes. 
Dans l’œuvre multiforme et démesurée de Jean-Claude Pirotte, Ajoie, «le pays de l’Ajoie», là où le paysage des monts du Jura, côté Suisse prend possession de chaque poème.
collection Poésie/Gallimard
1 — 25 novembre 2020 — Lecture de poèmes de Jean-Claude Pirotte tirés de Ajoie
2 — 2 décembre 2020 — Lecture de poèmes de Jean-Claude Pirotte tirés de Ajoie
18 novembre 2020 — Lecture de Dans l’intervalle des turbulences de Heike Fiedler
Ce n’est certes pas un vrai bain que Lina venait de prendre ce matin-là, peut-être un bain d’images, ça oui. En résumant à ses hôtes l’histoire de la rencontre fictive à La Barca, elle s’arrête net dans son récit. Les autres l’ont remarqué aussi : elles sont là, assises autour de la table en granit, qui cohabitait déjà à l’époque avec l’arbre tout près. Elles discutent et elles sont… au nombre de quatre exactement… Elle repart à Genève avec le sentiment d’avoir vécu, symboliquement, l’histoire d’une rencontre qui l’accompagne depuis plusieurs années maintenant.
éditions Encre Fraîche
Lecture de Strates de Kathleen Jamie, traduit de l’anglais (Écosse) par Ghislain Bareau — plusieurs épisodes. 
Jamie fait le lien entre les épreuves bouleversantes de l’âge moyen, le monde naturel et les communautés perdues dans ces essais subtils et merveilleux. – Alex Preston dans The Guardian
Editions La Baconnière
1/2 — 4 novembre —Strates de Kathleen Jamie, traduit de l’anglais (Écosse) par Ghislain Bareau
2/2 — 11 novembre —Strates de Kathleen Jamie, traduit de l’anglais (Écosse) par Ghislain Bareau
28 octobre 2020 — Lecture de Absolument modernes! de Jérôme Meizoz
Absolument modernes ! est la chronique caustique et navrée de la modernité suisse des années 1970 et 1980 : le pari sur la croissance illimitée, le culte du marché et de la technique. Entre satire et récit intime, un certain Jérôme Fracasse conte les Trente Glorieuses traversées par son père, ouvrier convaincu de l’«avenir radieux». Documents, slogans et tracts d’époque autant que souvenirs de famille dessinent une période exaltée et ambiguë : la construction de l’autoroute du Rhône, l’ouverture des supermarchés, le règne de la télévision et de la voiture, le développement massif du tourisme dans les Alpes.
La croyance heureuse du père dans le «régime des promesses», la volonté de s’arracher à un passé de pénurie et le tourbillon de la société de consommation : tels sont les grands traits de cette fresque où drôlerie et gravité sont indissociables.
éditions Zoé
21 octobre 2020 — Lecture de Les désemparés de Jérôme Meizoz
La faille de vivre, qui ne la connaît pas ? Sur la fragilité et l’incertitude des vies, ce livre s’égrène comme une suite de scènes et de portraits. Les récits brefs portent sur les moments et les lieux où basculent des personnages laissés pour compte.
Quelle place reste-t-il pour ce qui, en nous, palpite et refuse de se soumettre aux exigences du monde diurne ? Que deviennent celles et ceux qui ne peuvent s’insérer dans le rythme de nos sociétés ?
Les désemparés qui hantent les villes nous renvoient aux étranges misères de la réussite. Passants pressés, c’est à peine si nous osons lire nos propres désarrois dans leurs yeux.
«Ne riez pas : mettez vos noms sur leurs visages.»
éditions Zoé
23 septembre 2020 — Lecture de Nous avons de pluie assez eu de Erica Van Horn, traduit de l’anglais par Cléa Chopard
Les courts textes qui composent Nous avons de pluie assez eu sont autant de petits morceaux d’une vie dans la campagne irlandaise. En ornithologue peu avisée, Erica Van Horn traque les oiseaux croisés au hasard, ainsi que leurs interactions involontaires avec la société humaine : la fierté de celui ou celle qui aura aperçu « la première hirondelle », au moment du retour de ces oiseaux ; l’agacement des habitants face à leurs voitures, maisons et meubles de jardin couverts d’excréments ; un pigeon mort qui devient une représentation de l’absence…
Avec légèreté et délicatesse, Erica van Horn propose un recueil ornithologique inattendu, poétique, où il ne s’agit pas tant de reconnaître les oiseaux que de les observer dans leurs rencontres improvisées avec les humains.
éditions Héros-Limite
9 septembre 2020 — Lecture de Registre des faibles, 43 chants de Fabiano Alborghetti, traduit de l’italien par Thierry Gillyboeuf
Le registre des faibles est une oeuvre poétique compacte, cohérente et dérangeante : ses deux aspects si antithétiques, à savoir la radiographie quasi imperturbable, quasi scientifique d’une réalité, et en même temps l’engagement presque compassionnel, presque compatissant, de cette même réalité transformée en bref fragment rythmique, cohabitent dans ces textes, blessent et caressent à la fois. La blessure n’est pas celle, injurieuse, de la simple condamnation indignée ; la caresse n’est pas celle, mielleuse, d’une absolution trop facile et indolore. Lucidité et compassion se tempèrent et se stimulent mutuellement ; le lecteur en absorbe la voix et, plus précisément, le chant. Mais c’est une voix qui incise, un chant qui interroge : une voix et un chant que Fabiano Alborghetti est allé chercher dans des endroits dangereux et effroyables, en risquant encore une fois de se perdre. Mais il a su au contraire réémerger et ramener à la surface ce Registre des faibles ; aussi étrange que cela puisse paraître, il s’agit malgré tout d’un geste d’espoir, d’un geste d’amour.
éditions d’en bas