Je ne sais pas où je vais, mais j’y vais, j’y vais

2009, 23 représentations

Voici comment l’histoire s’est passée. Au départ il y a Gaston Chaissac, la fascination pour ses peintures, pour sa jouerie littéraire, sa manière de danser dans les marges, son obsession d’écrire des lettres et de créer un réseau. D’autres auteurs sont venus le rejoindre. Chacun apporte une expérience de vie, une voix originale et amie, une réflexion d’artiste. Inventer pour ne plus être seul, pour remplir son existence de présence bienveillante, inventer pour attiser l’envie de vivre encore. 
La fable est la déambulation d’un éternel naïf qui ne peut s’empêcher de rire, d’aimer la vie, immunisé contre toutes les blessures. Quelqu’un qui ne peut se satisfaire d’attendre sur le rivage que la vague du naufrage vienne le chercher. 
Il est prêt à brader tous ses organes pour pratiquer son art en toute liberté. 
Cela ne veut pas dire qu’il n’est pas attentif au monde, au contraire, mais il résiste aux habitudes, aux évidences. C’est une poche de résistance, comme une pierre au milieu de la rivière qui partage le courant en deux, mais il est souple comme une anguille quand on veut l’attraper. Il se blesse en voulant traverser le miroir, mais il ramasse les débris pour offrir à nos yeux un kaleïdoscope de la vie. 
Il est flux, avenir, toujours. Il parle de la réalité comme il la voit et en plus il se considère comme un menteur notoire. C’est un enfant qui ramasse tout, d’autres trieront. 

© Dorothée ThŽébert

Contradictions 
Pas de vérités absolues 
Ni certitudes personnelles 
Mais réflexions du moment 
Improvisation oui 
Mais fruit d’une longue préparation 
Comme dans le jazz 


Il n’est pas un observateur de la vie qui va asséner des leçons, il plonge, prend des risques, ressort épuisé, transi puis combatif, replonge et ainsi de suite…

DISTRIBUTION
Texte de Christiane Thébert en hommage à Gaston Chaissac
Jeu Claude Thébert – Composition musicale et contrebasse Popol Lavanchy – Scénographie et mise en scène Gilles Lambert – Construction du décor Mario Medana – Éclairage Claire Firmann – Costumes Anne-Marie Delbart – Administration Beatrice Cazorla – Production et diffusion Claude Thébert et Jeanne Quattropani – Photo © Dorothée Thébert

Comme le faisait Gaston Chaissac par sa correspondance foisonnante, instantanément des spectatrices et des spectateurs ont écrit au Théâtre du Sentier, créant ainsi un réseau.
Voici quelques extraits:


Mes amis,
Très émue hier soir au spectacle de Claude et Popol, dieu que cela fait du bien! Poésie, rappel de la “Vie”, l’amitié. Merci, merci, merci.

Cher Monsieur,
J’ai apprécié votre évocation en hommage à Chaissac, d’autant plus que je suis un “fan” de cet artiste. Son art m’a conduit vers une vision sombre de notre monde que j’ai tenté de dénoncer dans le roman que je vous envoie.
Cher Claude,
Quant à moi j’ai surtout apprécié les petites histoires, les fables, les illustrations qui sont la vie même.

Au Théâtre du Sentier,
Merci de tout coeur pour votre belle poésie transmise avec chaleur et tendresse. Un grand moment de plaisir… simple, des mots et de la musique.

A propos du spectacle d’hier soir, la première chose qui me vient à l’esprit c’est le mot présent, défini par Enzo Cormann comme l’actualité du propos et la présence (de l’acteur et du musicien) derrière ce propos, qui colle au propos.

Au Théâtre du Sentier,
Je suis sortie en larmes du spectacle, tant l’acte de foi prononcé dans ce lieu de la Tour Vagabonde sonne juste, simple, comme un espoir, nécessaire. Il y a de la résistance dans ces paroles.

Les mots qui reviennent le plus souvent dans les rencontres dialoguées après le spectacle: fraîcheur, engagement, connivence, tendresse, instantanéité, poésie, émerveillement qui donne des ailes, justesse, point de vue clair sans passer par la critique, bouleversant…

Une production du théâtre du sentier
Avec le soutien du Département des affaires culturelles de la Ville de Genève , de la Fondation Leenaards et de la Corodis.

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