lecture du lundi

divagations littéraires

Le Neveu d’Anchise de Maryline Desbiolles
Un chien noir, familier et inquiétant à la fois, traverse le livre et le paysage. Ce paysage, c’est celui d’Anchise, apiculteur farouche, veuf inconsolé qui, sur le tard, s’est suicidé par le feu. Aubin était alors un enfant. Il a peu connu son grand-oncle, mais en secret il a joué dans sa maison abandonnée. Au bord de la route, pas très loin de Nice, pas très loin de la ville et déjà à la campagne, minée par les pavillons et leurs clôtures en plastique.
Éditions Le Seuil
Manifeste incertain 5Van Gogh. Une biographie, de Frédéric Pajak — plusieurs épisodes
Errance existentielle, errance artistique, cette biographie écrite et dessinée met l’accent sur des épisodes peu connus ou mal interprétés de sa vie, notamment de son enfance. La légende de Van Gogh est ici examinée, en particulier son supposé suicide, revu à la lumière du témoignage tardif d’un meurtrier présumé.
Éditions Noir sur Blanc
1/4 — 4 janvier 2021 — Manifeste incertain 5Van Gogh. Une biographie, de Frédéric Pajak

Episode 2/4, mercredi 6 janvier 2021

3/4 — 11 janvier 2021 — Manifeste incertain 5Van Gogh. Une biographie, de Frédéric Pajak

Episode 4/4, mercredi 13 janvier 2021

Prochaine divagation du lundi, le 18 janvier 2021

Lecture de l’oeuvre de Anton Tchékhov — plusieurs épisodes.
La Pléiade
1/4 — 7 décembre 2020 — Le Père d’Anton Tchekhov
Le vieux Moussatov, qui n’a pas vu son fils Boris depuis plusieurs mois, vient lui emprunter dix roubles. Alcoolique, sans orgueil, il s’avilit devant son fils qui ne roule pas sur l’or. Il se dépeint très bien : menteur, affabulateur… Il invite son fils dans son taudis. Puis, après avoir bu, il redevient agressif.
2/4 — 14 décembre 2020 — De l’amour d’Anton Tchekhov
Aliokhine part dans des considérations sur l’amour, ses raisons, en prenant l’exemple sur sa servante, la belle Pélaguéïa, qui aime Nicador le cuisinier, une « gueule d’empeigne » qui la bat quand il est saoul.
Il raconte sa jeunesse, son installation dans le domaine familial, où pour redresser une situation financière critique, il se met à travailler la terre comme un paysan. Ses seules sorties en ville sont pour siéger au tribunal comme juge de paix honoraire. Il sympathise avec le vice-président du tribunal Dmitri Louganovitch et se sent immédiatement attiré par sa femme, la jeune et belle Anna. Avec le temps, il devient un familier de la famille, il est tonton Pavel pour les enfants, il l’aime, elle l’aime, mais rien ne se passera entre eux, le poids des habitudes, la peur de l’inconnu…
3/4 — 21 décembre 2020 — Le Pipeau d’Anton Tchekhov
Méliton Chichkine chasse dans les bois. Il entend un pipeau. C’est Luka le Pauvre qui garde son troupeau. Commence un échange entre les deux hommes où ils constatent que tout va de mal en pis : il n’y a plus de gibier, plus de poisson dans les rivières, plus d’eau dans les rivières, les forêts dépérissent, les paysans ne valent plus rien, le caractère de la jeunesse, les mauvaises récoltes…
4/4 — 28 décembre 2020 — Front blanc d’Anton Tchekhov
Le narrateur est une louve qui part à la chasse. Elle fait quatre verstes pour arriver à la chaumière d’Ignate. Elle pense qu’il y aura un agneau à enlever. Cela devrait la contenter, ainsi que ses trois louveteaux. 
Elle creuse un trou dans le toit de chaume, tombe dans la bergerie sur quelque chose de mou et chaud. Elle l’emporte aussitôt, car le chien a donné l’alerte…
Lecture de Spoon River de Edgar Lee Masters, traduit de l’américain par Gaëlle Merle — plusieurs épisodes.
Une rumeur gronde depuis les tombes du cimetière de Spoon River. C’est la voix des morts. Depuis l’au-delà, les habitants ensevelis retracent dans des mots taillés à la serpe la cause de leur décès.
Règlement de comptes et autres aveux dépeignent une véritable fresque sociale. De la femme trompée au juge déchu, le ressentiment se répand comme une traînée de poudre. Entre ses allées, le calme n’est qu’apparent, la ranœur n’aura de cesse de perturber un repos éternel. Chef d’orchestre de ces voix, Edgar Lee Masters signe là un roman extrêmement original au ton férocement satirique, qui repose sur une mise en perspective des monologues au moyen d’échos et d’allusions croisées. Mais ce n’est pas tout : il compose du même coup de véritables poèmes en vers libres, qui tiennent de l’épigramme et prennent le contre-pied de l’éloge funèbre. Passions et ranœurs animent ce microcosme, allégorie de toute l’Amérique, loin de tout cliché bucolique. Foudroyant.
éditions Allia
1/5 — 2 novembre 2020 — Spoon River de Edgar Lee Masters, traduit de l’américain par Gaëlle Merle
2/5 — 9 novembre 2020 — Spoon River de Edgar Lee Masters, traduit de l’américain par Gaëlle Merle
3/5 — 16 novembre 2020 — Spoon River de Edgar Lee Masters, traduit de l’américain par Gaëlle Merle
4/5 — 23 novembre 2020 — Spoon River de Edgar Lee Masters, traduit de l’américain par Gaëlle Merle
5/5 — 30 novembre 2020 — Spoon River de Edgar Lee Masters, traduit de l’américain par Gaëlle Merle
26 octobre 2020 — Lecture de L’Homme des bois de Pierric Bailly
L’Homme des bois n’est pas seulement le récit par son fils de la mort brutale et mystérieuse d’un père. C’est aussi une évocation de la vie dans les campagnes françaises à notre époque, ce qui change, ce qui se transforme. C’est l’histoire d’une émancipation, d’un destin modeste, intègre et singulier. C’est enfin le portrait, en creux, d’une génération, celle des parents du narrateur, travailleurs sociaux, militants politiques et associatifs en milieu rural.
Prix Blù / Jean-Marc Roberts 2017éditions P.O.L
19 octobre 2020 — Lecture de Suivant l’azur de Nathalie Léger
Dans la nuit 23 au 24 novembre 2018 mourait Jean-Loup Rivière (écrivain et dramaturge). Il était marié à Nathalie Léger. Suivant l’azur est un livre de deuil qui est avant tout un livre d’amour. Un texte bref porté par l’urgence d’écrire après la disparition de l’autre aimé. Parce qu’il n’y a qu’un lieu pour dire le manque et sa souffrance, le manque à jamais, c’est l’écriture – à la fois terre, boîte et corps. Ça s’appelle en littérature aussi un Tombeau.
éditions P.O.L
21 septembre 2020 — Lecture d’Une voix pour le noir — Poésies 1985-1999 de Fabio Pusterla, traduit de l’italien par Mathilde Vischer — Préface de Philippe Jaccottet
«Voici un poète de maintenant, un poète de notre monde, proche et vrai […] Le plus beau dans cette œuvre déjà ample dont Mathilde Vischer présente ici un choix judicieux, c’est que, même dans ce monde où “aucune promesse n’est tenue” et qui semble quelquefois si sombrement proche de sa fin, la lumière des choses (“Et que dire de l’herbe/À sa naissance ? Du ruisseau ?/ Des eaux…), celle qui brille jusque dans les larmes des enfants, persiste, en défi à toute menace, gardée, protégée justement par le poète patient». Philippe Jaccottet.
éditions d’en bas
7 septembre 2020 — Lecture de Désordre de Leslie Kaplan
Lecture au Parnasse du 5 septembre 2020
Leslie Kaplan propose avec Désordre un bref conte féroce, moderne et d’actualité. La fable et la fiction deviennent des armes redoutables pour dénoncer la violence du réel. Ici, la littérature piège les mots du pouvoir, en les prenant au mot, tout simplement, pour faire apparaître l’absurdité du monde dans lequel nous vivons. On pense avec trouble à notre situation sociale agitée, à la révolte des Gilets jaunes. On peut ainsi prendre au pied de la lettre l’accusation de violence faite aux exploités, aux opprimés. L’effet produit est comique : un rire de soulagement. Autre chose serait donc possible ?
éditions P.O.L