lecture du lundi

une divagation littéraire et la découverte d’un ouvrage ou d’un auteur

7 septembre 2020 — Lecture de Désordre de Leslie Kaplan
Lecture au Parnasse du 5 septembre 2020
Leslie Kaplan propose avec Désordre un bref conte féroce, moderne et d’actualité. La fable et la fiction deviennent des armes redoutables pour dénoncer la violence du réel. Ici, la littérature piège les mots du pouvoir, en les prenant au mot, tout simplement, pour faire apparaître l’absurdité du monde dans lequel nous vivons. On pense avec trouble à notre situation sociale agitée, à la révolte des Gilets jaunes. On peut ainsi prendre au pied de la lettre l’accusation de violence faite aux exploités, aux opprimés. L’effet produit est comique : un rire de soulagement. Autre chose serait donc possible ?
éditions P.O.L
21 septembre 2020 — Lecture d’Une voix pour le noir — Poésies 1985-1999 de Fabio Pusterla, traduit de l’italien par Mathilde Vischer — Préface de Philippe Jaccottet
«Voici un poète de maintenant, un poète de notre monde, proche et vrai […] Le plus beau dans cette œuvre déjà ample dont Mathilde Vischer présente ici un choix judicieux, c’est que, même dans ce monde où “aucune promesse n’est tenue” et qui semble quelquefois si sombrement proche de sa fin, la lumière des choses (“Et que dire de l’herbe/À sa naissance ? Du ruisseau ?/ Des eaux…), celle qui brille jusque dans les larmes des enfants, persiste, en défi à toute menace, gardée, protégée justement par le poète patient». Philippe Jaccottet.
éditions d’en bas
19 octobre 2020 — Lecture de Suivant l’azur de Nathalie Léger
Dans la nuit 23 au 24 novembre 2018 mourait Jean-Loup Rivière (écrivain et dramaturge). Il était marié à Nathalie Léger. Suivant l’azur est un livre de deuil qui est avant tout un livre d’amour. Un texte bref porté par l’urgence d’écrire après la disparition de l’autre aimé. Parce qu’il n’y a qu’un lieu pour dire le manque et sa souffrance, le manque à jamais, c’est l’écriture – à la fois terre, boîte et corps. Ça s’appelle en littérature aussi un Tombeau.
éditions P.O.L
26 octobre 2020 — Lecture de L’Homme des bois de Pierric Bailly
L’Homme des bois n’est pas seulement le récit par son fils de la mort brutale et mystérieuse d’un père. C’est aussi une évocation de la vie dans les campagnes françaises à notre époque, ce qui change, ce qui se transforme. C’est l’histoire d’une émancipation, d’un destin modeste, intègre et singulier. C’est enfin le portrait, en creux, d’une génération, celle des parents du narrateur, travailleurs sociaux, militants politiques et associatifs en milieu rural.
Prix Blù / Jean-Marc Roberts 2017éditions P.O.L
Lecture de Spoon River de Edgar Lee Masters, traduit de l’américain par Gaëlle Merle — plusieurs épisodes.
Une rumeur gronde depuis les tombes du cimetière de Spoon River. C’est la voix des morts. Depuis l’au-delà, les habitants ensevelis retracent dans des mots taillés à la serpe la cause de leur décès.
Règlement de comptes et autres aveux dépeignent une véritable fresque sociale. De la femme trompée au juge déchu, le ressentiment se répand comme une traînée de poudre. Entre ses allées, le calme n’est qu’apparent, la ranœur n’aura de cesse de perturber un repos éternel. Chef d’orchestre de ces voix, Edgar Lee Masters signe là un roman extrêmement original au ton férocement satirique, qui repose sur une mise en perspective des monologues au moyen d’échos et d’allusions croisées. Mais ce n’est pas tout : il compose du même coup de véritables poèmes en vers libres, qui tiennent de l’épigramme et prennent le contre-pied de l’éloge funèbre. Passions et ranœurs animent ce microcosme, allégorie de toute l’Amérique, loin de tout cliché bucolique. Foudroyant.
éditions Allia
1 — 2 novembre 2020 — Spoon River de Edgar Lee Masters, traduit de l’américain par Gaëlle Merle
2 — 9 novembre 2020 — Spoon River de Edgar Lee Masters, traduit de l’américain par Gaëlle Merle
3 — 16 novembre 2020 — Spoon River de Edgar Lee Masters, traduit de l’américain par Gaëlle Merle
4 — 23 novembre 2020 — Spoon River de Edgar Lee Masters, traduit de l’américain par Gaëlle Merle

Prochaine lecture: le 30 novembre 2020