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Félix,
v.I de Robert Walser

Photo: © Mario del Curto
«Felix»
comme Walser - Un savoureux spectacle à
la Chaux-de-Fonds
L’Express - Ch. G.,
avril 1989
Qui peut croire encore que les enfants seraient niais? Dans
Felix, vingt-quatre textes pour la plupart inédits
de Robert Walser, traduits par Gilbert Musy, ils mettent
à l’oeuvre sur le monde des traits d’une
verdeur de cosncience à faire passer pour ornières
bourbeuses les plus transparentes philosophies. Ils sont
deux, Anne-Marie Delbart, claude Thébert, à
se partager les mordantes et passionnées impertinences
pertinentes qui découlent de l’apprentissage
du regard et de l’action. Sous le label «Théâtre
du Sentier», ils incarnent la succession des tableaux
dans un dispositif scénique parfaitement astucieux
de Gilles Lambert: une ample ondulation du plateau permet
de faire varier tout en nuances la géométrie
des relations; le nombre de portes et leur taille renouvelle
constamment le sel des entrées, teintées des
disproportions d’un pays des merveilles.
Le premier regard sur le monde commence à quatre
ans. Robert Walser y trace déjà la bouce qui
fait le ressort de tout le collier des pièces: l’émerveillement
de soi, cette délectation intrinsèque d’être
par la mise à l’épreuve du mot adéquat
dans l’inventaire des expériences, relations,
entreprises, sentiments. L’écrivain applique
à la description de ce mode d’être, qui
comporte des lois exigeantes, une richesse d’écriture
confondante. Les deux comédiens réussissent
la performance d’y accorder ton, attitude, regards,
mimiques sans pléonasme ni fadeur. Leur vivacité
tient autant à un métier de comédien
complet et plein d’esprit qu’à un enthousiasme
enchanté et enchauteur. C’est un très
bon spectacle créé à Genève
que l’ABC et le TPR ont fait venir là. Le public
s’en doutait, qui a très bien répondu
Vendredi et Samedi soir.

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